Le Birman sur Pawpeds

Grâce à Internet, les éleveurs disposent désormais de nouveaux moyens de communication, mais aussi de recherche. Les databases en sont un exemple. Constituées de centaines, voire de milliers de pedigrees récoltés au fil du temps pour les plus consistantes, elles permettent une étude des lignées (« linechasing »)  plus poussée. 

Par le biais des databases, une étude de l’historique et du bassin génétique (« genepool ») est en effet possible.

Quel en est l'intérêt ?

 

Au fur et à mesure que nous étudions des pedigrees plus en profondeur, nous pourront relever les chat l'Histoire de leur race. On retrouve les chats qui ont fait « souche », les croisements faits après la Seconde guerre mondiale pour limiter la consanguinité, suite à son augmentation due à la perte de nombreux sujets durant la guerre… L’ensemble des programmes d’introduction de couleur est également très bien visible.

L’importance du pedigree a tendance à être sous-estimée. Il a pourtant un effet de sauvegarde de l’historique d’une race, et son étude rend compte de la diversité du bassin génétique. Les databases sont, en ce sens, des outils précieux. L’étude des lignées est un bon moyen d’en savoir plus sur nos races félines, et de se faire une meilleure de leur situation à une période donnée.

En remontant les pedigrees de nos Birmans, on remonte  donc aussi l’histoire de la race. Et en analysant cet historique, on se rend mieux compte de l'étendue de la consanguinité de fond d'une race, qui est encore un élément à prendre en compte dans la sélection. Lorsque l'on observe une faible diversité des lignées en amont, signalée par la forte récurrence de certains sujets, il est important de ne pas aggraver cette tendance en aval. Un équilibre est donc à trouver dans le "taux" de reproduction de nos lignées afin d'éviter qu'elles ne se retrouvent en situation "d'inflation".

À un niveau plus individuel, le pedigree est un élément essentiel de nos projets d’élevage dans l’optique de conserver les caractéristiques de la race. Une étude généalogique plus approfondie permet de préciser le potentiel génétique d'un chat, tant pour ce qui est de ses forces que de ses faiblesses.

 

Ce rôle tant global qu’individuel explique que la notion de chat de race soit étroitement liée au fait de posséder un pedigree.

Dans l'optique d'exploiter ces données en vue d'une démarche de sélection, Pawpeds constitue probablement la database la plus complète, et la plus appréciée des éleveurs. À l’heure actuelle, elle gère 35 races félines, et 28 races canines. Un espace est pareillement réservé aux chevaux et furets. Certaines races comptent presque 100 000 chats référencés, voire les dépassent ! Le Sacré de Birmanie fait partie des toutes premières races à avoir bénéficié d'une base Pawpeds. Le site est surtout connu pour ses databases, mais il comprend également des rubriques d’information, notamment sur les questions de santé et de génétique. Ses fondations datent de 1997.

 

Les arbres généalogiques enregistrés proviennent principalement de contributions de la part d’éleveurs. Puisqu’une database a aussi vocation à donner une vision globale objective, et aussi exhaustive que possible, aucune sélection n’est faite concernant les chats enregistrés : n’importe qui peut y contribuer, quel que soit le niveau de conformation au standard des chats concernés, même s’il s’agit d’individus stérilisés n’ayant jamais reproduit.

Allure générale d'un pedigree Pawpeds - Affichage sur quatre générations

 

 

Les pedigrees papiers adoptent traditionnellement un format sur quatre générations, plus rarement cinq. En fonction des données disponibles en amont, les pedigrees référencés par Pawpeds dépassent cette limitation technique, en permettant d’afficher jusqu’à dix générations à l’écran. Les générations plus anciennes, si la database en est en possession, sont également visibles en sélectionnant individuellement les chats de la dixième génération, pour lesquels dix générations s’afficheront à leur tour. De cette façon, certaines races permettent de remonter jusqu’à leurs fondations.

Les chats peuvent être recherchés directement par leur nom. Les ajouts et modifications récentes sont notés sur une page qui y est consacrée. Si ces éléments ont été fournis, le sexe, la couleur, la date et le pays de naissance sont précisés. Il existe une rubrique destinée à accueillir des photographies ainsi que des résultats d’examens de santé , mais cette fonction semble relativement peu utilisée par les éleveurs.

Le calcul de la consanguinité, effectué par le logiciel en un clic, est probablement l’une des options les plus intéressantes. Le calcul à la main est en effet fastidieux, d’autant que la fiabilité du taux est proportionnelle au nombre de générations prises en compte. Le pedigree papier sur quatre générations, s’il semble suffire à une sélection directe, ne permet cependant pas une étude très poussée.

Il est possible d’afficher le taux d’un chat en particulier, mais aussi de « simuler » des mariages afin d’avoir une idée du taux de consanguinité en résultant. La simulation peut se faire par le biais de recherches nominatives, ou en sélectionnant « Partenaire test » sur un pedigree déjà affiché afin de l’entrer directement dans la simulation. Plusieurs méthodes de calcul sont disponibles : un calcul sur un nombre donné de générations allant de deux à dix inclus, ou calcul de la consanguinité dite « complète ». Selon le degré de référencement des ancêtres, ce calcul peut remonter jusqu’aux fondations de la race. 

En tout cas, cette méthode prend en compte les générations situées au-delà de la dixième, qui représente la limite affichable à l’écran.  Pour afficher ce taux dit « complet », veillez à cliquer sur la mention « Consanguinité », et non sur l’un des nombres de générations, ce qui ne vous donnera que le taux lié à ce nombre. Le taux affiché peut être très différent d’une méthode à l’autre. La différence peut être négligeable, mais elle peut aussi être de l’ordre de plus de 20% (souvent à la hausse plutôt qu’à la baisse !) entre un taux sur quatre générations et un taux dit « complet ». Ceci dépend cependant en partie de la « consanguinité de fond » de la race concernée.

Taux affiché réglé sur dix générations, puis sur "consanguinité complète" (environ 20 générations pour ce chat)

Il est cependant intéressant de vérifier directement sur ces dix générations, si des « trous », c’est-à-dire des chats que la base de données ne connaît pas, sont présents, ce qui contribue à fausser le calcul, qui se basera sur un nombre limité d'ancêtres. Toutefois, il est à noter que ce taux ne sera jamais fiable à cent pour cent : la connaissance d’une généalogie est, par définition, limitée : elle peut être conséquente, mais jamais totale ! 

Chez le Sacré de Birmanie, le taux de consanguinité mathématique "complet" d'un chat dont le pedigree compte très peu de données manquantes tourne généralement autour de 20 à 35%. Un taux inférieur est indicateur de données manquantes, excepté pour les chats issus d'outcross récent. Si ces taux peuvent vous laisser sceptique, et qu'un taux à 25% sur quinze  générations est moins alarmant qu'un taux à 25% sur quatre générations, ils tiennent mathématiquement la route étant donné le haut degré de recoupement - et donc une consanguinité de fond - des pedigrees de la race dans les générations plus anciennes, y compris à échelle internationale, comme vous pourrez le constater en remontant petit à petit les pedigrees étudiés.

D'autre part, si ces taux ne constituent pas un danger immédiat pour la race, ils sont à prendre en compte dans les politiques d'élevage afin d'éviter de contribuer à la consanguinité de fond (ce qui vaut actuellement pour les mâles très utilisés en saillie par exemple), d'où l'importance de connaître l'historique d'une race afin d'orienter la sélection.

L’onglet « Progéniture » liste les différentes portées engendrées par le reproducteur, pour celles qui sont enregistrées dans la base, ainsi que le nom des partenaires avec lesquels ces portées ont été conçues. L’option « Réversible » en est une extension : elle référence toute la descendance enregistrée sur plusieurs générations. Elle permet de se faire une idée sur l’influence qu’exerce le chat concerné sur le pool génétique.

 

 

 

 

 

 

 

Onglet de la fonction "réversible" - capture d'écran partielle

Les enfants, petits-enfants et ainsi de suite connus de la base de données y sont listés

 

La fonction « fondation » a également un cercle d’analyse plus global. Elle calcule le pourcentage approximatif de présence des différents chats de fondation dans le pedigree. Sont considérés comme chats de fondation les fondateurs de la race, mais aussi les chats d'autres races qui ont été utilisés pour des croisements, y compris des introductions de couleur.

L’analyse de plusieurs pedigrees de la race nous donne des indications sur le pool génétique de départ, lequel conserve une influence à plus long terme : plus le pool de fondation est vaste, moins la consanguinité de fond sera élevée. 

Le calcul du pourcentage de fondation non traçable est également intéressant afin d'avoir une meilleure idée de la proportion d'ancêtres non enregistrés dans la base de données, ce qui est utile pour évaluer la fiabilité du calcul du taux de consanguinité par exemple.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Onglet de la fonction "fondation" - capture d'écran partielle

Fly de Kaaba est le chat au plus haut taux de présence dans la plupart des pedigrees récents

 

 

En dehors de ces options de calcul rapide, une lecture directe du pedigree devrait être effectuée, pour les raisons déjà évoquées : elle donne des informations que des options « en un clic » ne fournissent pas et qui contribuent à notre lecture du contexte génétique de la race.

 

Paloma C.

Reproduction autorisée sous réserve de citer la source

Header base photo by tessa.lv

En mémoire d'Albafeles Xrysos et Elsibelle du Dragon de Jade

 

  • Facebook Social Icon