Le Birman sur Pawpeds

 Grâce à Internet, les éleveurs disposent désormais de nouveaux moyens de communication, mais aussi de recherche. Les databases en sont un exemple. Constituées de centaines, voire de milliers de pedigrees récoltés au fil du temps pour les plus consistantes, elles autorisent une étude des lignées (« linechasing »)  plus poussée. Si les données préalablement enregistrées le permettent, il est possible d'afficher un pedigree jusqu'à dix générations, soit six générations de plus que le traditionnel pedigree papier délivré par les instances compétentes.

 Pawpeds constitue la database la plus complète, et la plus appréciée des éleveurs. À l’heure actuelle, elle regroupe 35 races félines, et 28 races canines. Un espace est pareillement réservé aux chevaux et furets. Certaines races comptent plus de 100 000 chats référencés. Le site est surtout connu pour ces databases, mais il comprend également des rubriques informatives, notamment sur les questions de santé et de génétique. Ses fondations remontent à 1997.

 Le Sacré de Birmanie fut l'une des toutes premières races à se voir attribuer une base Pawpeds. En juillet 2021, on dénombrait 95 500 Birmans enregistrés. La database se nourrit principalement de contributions de la part d’éleveurs de tous pays désireux de calculer de façon plus exhaustive les taux de consanguinité de leurs chats. Puisqu’une database a aussi vocation à donner une vision globale objective, aussi exhaustive que possible, les documents soumis ne sont soumis à aucune sélection qualitative : n’importe qui peut y contribuer, quel que soit le degré de conformité au standard ou l'état de santé des chats proposés.

En quoi ces databases sont-elles si utiles aux éleveurs ?

 Au fur et à mesure que nous étudions des pedigrees plus en profondeur, nous pourront relever les chat qui ont fait l'Histoire de leur race et sont devenus les ancêtres de la plupart de nos Sacrés de Birmanie modernes. Ces sujets-souches comprennent notamment les individus impliqués dans les croisements faits après la Seconde guerre mondiale pour limiter la consanguinité, qui battait alors son plein du fait de la perte de nombreux reproducteurs, mais aussi les étalons stars de leur époque. L’ensemble des programmes d’introduction de couleur est également très bien visible, de même que l'on peut retracer l'évolution des flux d'échanges internationaux. Les pedigrees des années 1960 à 1980, par exemple, illustrent l'influence conséquente du Royaume-Uni sur la population d'après-guerre, puis son déclin en faveur de l'Europe du Nord. 

 L’importance du pedigree a tendance à être sous-estimée. Il sauvegarde pourtant mécaniquement l’historique d’une race, et l'étude d'une quantité suffisante de documents généalogiques permet de se faire une idée de l'étendue du bassin génétique. Nous pouvons alors pleinement prendre la mesure de la consanguinité de fond d'une race, et ajuster nos pratiques en conséquence. Les databases sont, en ce sens, des outils précieux, en cela qu'elles permettent d'accéder en un temps record à une masse sans précédent de pedigrees. L’étude des lignées est de fait un bon moyen d’en savoir plus sur nos races félines, et d'évaluer leur situation à une période donnée. Il paraît donc important de ne pas se cantonner à la simple étude de nos pedigrees personnels.

 À un niveau plus individuel, l'étude généalogique fait partie intégrante des projets d'un élevage soucieux d'opérer une sélection sérieuse, basée sur une évaluation aussi juste que possible du potentiel de ses reproducteurs. En parallèle, avoir conscience du contexte génétique de la race que l'on élève nous permettra de sélectionner des reproducteurs dont le patrimoine contribue à optimiser la diversité génétique du Sacré de Birmanie. Cette importance, aussi bien collective que particulière, explique que la notion de chat de race soit étroitement liée au fait de posséder un pedigree.

Nous allons à présent détailler les outils de calcul proposés par la base de données Pawpeds.

Allure générale d'un pedigree Pawpeds - Affichage sur quatre générations

 

 

 Les pedigrees papiers adoptent traditionnellement un format sur quatre générations, plus rarement cinq. En fonction des données disponibles en amont, les pedigrees référencés par Pawpeds dépassent cette limitation technique, en permettant d’afficher jusqu’à dix générations à l’écran. Les générations plus anciennes, si la database en est en possession, sont également visibles en sélectionnant individuellement les chats de la dixième génération, pour lesquels dix générations s’afficheront à leur tour. De cette façon, certaines races permettent de remonter jusqu’à leurs fondations.

 Les chats peuvent être recherchés directement par leur nom. Les ajouts et modifications récentes sont notés sur une page qui y est consacrée. Si ces éléments ont été fournis, le sexe, la couleur, la date et le pays de naissance sont précisés. Il est d'ailleurs possible de rechercher des lignées sur la base de ces derniers éléments grâce à la fonction recherche avancée. La base peut, par exemple, vous montrer tous les chats de robe silver tabby nés en Allemagne entre 2003 et 2005.

 Il existe un onglet destiné à accueillir des photographies ainsi que des résultats d’examens de santé, mais cette fonction semble relativement peu utilisée par les éleveurs.

 Le calcul de la consanguinité, effectué par le logiciel en un clic, est l’une des options les plus intéressantes. Le calcul à la main est en effet fastidieux, d’autant que la fiabilité du taux est proportionnelle au nombre de générations prises en compte. Le pedigree papier sur quatre générations, s’il semble suffire à une sélection initiale, ne permet cependant pas une étude très poussée.

 Il est possible d’afficher le taux d’un chat en particulier, mais aussi de simuler des mariages à venir afin d’avoir une idée du taux de consanguinité en résultant. La simulation peut se faire au moyen de recherches nominatives, ou en sélectionnant « Partenaire test » sur un pedigree déjà affiché afin de l’inclure directement dans la simulation. Plusieurs méthodes de calcul sont disponibles : un calcul sur un nombre donné de générations allant de deux à dix inclus, ou calcul de la consanguinité dite « complète ». Selon le degré de référencement des ancêtres, ce calcul peut remonter jusqu’aux fondations de la race. 

 En tout cas, cette méthode prend en compte les générations disponibles situées au-delà de la dixième, qui représente la limite affichable à l’écran.  Pour afficher ce taux dit « complet », veillez à cliquer sur  « Consanguinité », et non sur un nombre de générations, ce qui ne vous donnerait que le taux lié à ce nombre. Le taux affiché peut être très différent d’une méthode de calcul à l’autre. La différence peut être négligeable, mais elle peut aussi être de l’ordre de plus de 20% (souvent à la hausse plutôt qu’à la baisse !) entre un taux sur quatre générations et un taux dit « complet ». Ceci dépend cependant en partie de la  consanguinité de fond de la race concernée.

 Chez le Sacré de Birmanie, pour des pedigrees remplis à au moins 95% jusqu'aux fondations de la race, la norme basse des taux de consanguinité peut être définie à 25% et la norme haute à 35%. Il convient d'évaluer le taux de remplissage d'un arbre généalogique avant de juger de la fiabilité du taux affiché. Toutefois, il est à noter que ce taux ne sera jamais fiable à cent pour cent : la connaissance d’une généalogie est, par définition, limitée : elle peut être conséquente, mais jamais totale ! 

Taux affiché réglé sur dix générations, puis sur "consanguinité complète" (environ 20 générations pour ce chat)

 Plus le nombre d'ancêtres considérés est grand, plus le calcul sera fiable. Un premier réflex à avoir est de parcourir rapidement les dix générations affichables, afin de vérifier si (presque) toutes les cases sont bien remplis. Nous reviendrons plus tard sur un onglet supplémentaire utile à ce dessein.

 Chez le Sacré de Birmanie, le taux de consanguinité mathématique "complet" d'un chat dont le pedigree compte très peu de données manquantes tourne donc généralement autour de 25 à 35%. Un taux inférieur est bien souvent indicateur de cases vides, excepté pour les chats issus d'un outcross récent. Si ces taux peuvent vous laisser sceptique, et qu'un taux à 25% sur quinze  générations est moins alarmant qu'un taux à 25% sur quatre générations, ils tiennent mathématiquement la route étant donné le haut degré de recoupement - et donc une forte consanguinité de fond - des pedigrees des ancêtres de la population actuelle, y compris à échelle internationale, comme vous pourrez le constater personnellement en remontant petit à petit les pedigrees étudiés.

 D'autre part, si ces taux ne constituent pas un danger immédiat pour la race, ils sont à prendre en compte dans les politiques d'élevage afin de contrôler la consanguinité de fond. Cela est particulièrement valable pour les lignées "a la mode" et les étalons fortement sollicités. 

 L’onglet « Progéniture » liste les différentes portées engendrées par le reproducteur,  ainsi que le nom des partenaires avec lesquels ces portées ont été conçues. L’option « Réversible » en est une extension : elle référence toute la descendance enregistrée sur plusieurs générations. Elle permet de se faire une idée sur l’influence qu’exerce l'individu sélectionné sur le pool génétique et des chatteries qui ont possédé sa lignée. Cet option a surtout un intérêt pour les chats des années 1990 et antérieures, considérant que les reproducteurs actuellement actifs peuvent mettre du temps à voir une part suffisante de leur progéniture entrer dans la base de données.

 

 

Onglet de la fonction "réversible" - capture d'écran partielle

Les enfants, petits-enfants et ainsi de suite connus de la base de données y sont listés

 

 La fonction « fondation » recouvre un champ d’analyse plus global. Elle calcule le taux mathématique de présence des différents chats de fondation dans le pedigree. Sont bien sûr considérés comme chats de fondation les fondateurs de la race, mais aussi les chats d'autres races qui ont été utilisés pour des croisements, y compris des introductions de couleur. Le second intérêt de cette option est l'affichage du taux de remplissage du pedigree visualisé. Le pourcentage de "fondation non traçable" correspond à la part d'inconnues généalogiques.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Onglet de la fonction "fondation" - capture d'écran partielle

Fly de Kaaba est le chat au plus haut taux de présence dans la plupart des pedigrees modernes

 

 Le nombre de chats de fondation détectable est relativement rassurant. Un Sacré de Birmanie moderne a, en moyenne, plus de cinquante ancêtres fondateurs dans son patrimoine. Le bilan est cependant tempéré par l'omniprésence du trio de tête, traditionnellement Fly de Kaaba/Miarka I/Tai-Toula de Madalpour. Ces chats, bien que nés dans les années 30, sont mathématiquement présents à hauteur d'environ 40% à eux trois, tandis que les hybridations d'après-guerre et les programmes d'introduction se partagent l'essentiel du patrimoine restant.

 L'onglet Fondation est donc particulièrement intéressant pour qui voudrait se rendre compte de l'influence des pionniers du Sacré de Birmanie et d'estimer la part qu'occupent d'autres races dans son patrimoine génétique.

 En dehors de ces options de calcul rapide, une lecture directe du pedigree est une étape incontournable, pour les raisons déjà évoquées : elle donne des informations que des options « en un clic » ne fournissent pas et qui contribuent elles aussi à notre lecture du contexte génétique de la race.

 Si vous avez été attentif, vous voilà fin prêt à profiter de Pawpeds, et à vous entraîner sur quantités de pedigrees, qu'il s'agisse de ceux de vos propres chats ou de ceux d'éleveurs tiers.

> Ajouter mes pedigrees à la database - instructions

 

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